CHRONIQUE DIPLOMATIQUE ET INTERNATIONALE N° 04 : L’ALIBI DE L’ORDRE, DE LA JUSTICE ET DE LA LIBERTÉ PORTES PAR LE MARCHE

La suite de la synthèse de L’IMPOSTURE NÉOLIBÉRALE. Marché, liberté et justice sociale, qui a déjà fait l’objet des chroniques n’° 02 et 03.

Le néolibéralisme est contre le partage des revenus et prêche : « A chacun selon ce que produisent lui-même et les instruments qu’il possède. » (p. 24), comme le soutient Milton Friedman. L’ordre, la justice et la prospérité sont les fruits du marché. Dans ce sens, Francis Fukuyama, auteur de La fin de l’histoire et le dernier homme (Paris, Flammarion, 1996) soutient que « la démocratie libérale, fondée sur le marché, représenterait la fin de l’histoire, l’horizon indispensable de l’humanité » (p. 25). Le néolibéralisme est contre la planification économique qu’il juge incompatible avec la liberté. Le néolibéralisme de se contente pas de faire des affaires dans le monde, il est aussi à l’avant-garde de la pensée économique. « Pour les intellectuels néolibéraux, l’exportation des idées est aussi vitale que l’exportation des capitaux et des marchandises. » (p. 27). Ils implantent dans tous les coins du monde des think thanks par l’ouverture d’instituts de formation et de recherche orientés sur la pensée néolibérale. Ces structures sont devenues incontournables pour les dirigeants politiques de la planète.

Imposture nl

Vu d’Afrique, on comprend aisément le retard du continent car les Africains sont à la fois consommateurs des produits industriels des usines néolibérales mais aussi et surtout consommateurs du savoir et savoir-faire de la pensée libérale. Combien d’université africaine dispose de programmes propres, inventés selon les contextes et les besoins africains ? La course vers la co-diplomation révèle le manque de confiance à la créativité africaine. Il faut aussi souligner l’émigration africaine motivée par la recherche de diplômes d’écoles occidentales, américaines, canadiennes et françaises, considérées comme des passeports pour la réussite.

Pour les néolibéraux, on ne doit pas se préoccuper d’être juste avec les pauvres. L’équité porte atteinte la propriété, seule valeur à cultiver selon les néolibéraux. La solidarité n’a pas sa place dans une économie de marché. Toutes ces thèses sont battues en brèches car il est évident que sans justice et sans éthique, les riches gagneront plus et les pauvres perdront davantage.

La liberté se trouve au carrefour du paradoxe fait d’une volonté d’émancipation et d’un besoin de soumission. Selon les libéraux, la liberté est le fondement de la propriété. Dans ce cas, la liberté est essentiellement la liberté économique qui se définit comme « l’absence de contraintes qui empêchent le grand capital de faire ce qu’il veut. Bref, la liberté est subordonnée aux intérêts du capital et elle consiste à faire sauter tous les verrous qui s’opposent à la maximisation du profit et de la concentration du pouvoir économique aux mains d’une poignée d’oligopoles. » (p. 198).

La justice et la liberté sont présentes en permanence dans le discours politique en Afrique. Leur réalisation est à géométrie variable. Selon qu’on soit riche ou pauvre, on ne jouit pas de la même justice et de la même liberté. Dans un monde où tout s’achète, la justice et la liberté sont vendues au plus offrant. Cela crée d’immenses frustrations. Il faut rapidement repenser un autre monde plus juste et plus équitable.

Dr Poussi SAWADOGO, Conseiller en formation/IACDI

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