LIBRES PENSEES N° 15 : L’AFRIQUE DU SUD ET LE MONDE

Monsieur Elisée ILBOUDO, Master I Diplomatie et Relations Internationales, Université Libre du Burkina, un diplomate en herbe simule une prise de parole de la première puissance africaine.

Monsieur le ministre des relations internationales et de la coopération ;

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs

Les membres du corps diplomatique,

Les représentants des étudiants et de la société civile,

Mesdames et Messieurs,

SA

Je vous remercie de votre illustre présence en ce lieu.

Il y a de cela 63 ans, notre pays, l’Afrique du Sud, a adopté à Kliptown la Charte de la liberté. Cette charte élaborée par des personnes empreintes d’un sens élevé de l’égalité entre les hommes, peu importe leur race, est à la base de notre politique étrangère. Cette charte proclame que : « l’Afrique du sud est un Etat pleinement indépendant qui respecte les droits et la souveraineté de toutes les nations, l’Afrique du Sud s’efforce de maintenir la paix mondiale et le règlement de tous les différends internationaux par la négociation – pas la guerre, la paix et l’amitié entre tous les peuples doivent être garanties en soutenant l’égalité des droits, des opportunités et du statut de tous; Le droit de tous les peuples d’Afrique à l’indépendance et à l’autonomie est reconnu et constitue la base d’une coopération étroite ».

 

En tant que Sud-Africains, nous croyons en une société démocratique et ouverte dans laquelle le gouvernement est fondé sur la volonté du peuple et chaque citoyen est également protégé par la loi. Nous croyons en une société fondée sur les valeurs démocratiques, la justice sociale et les droits humains fondamentaux.

 

Il est important que vous sachiez dès le départ que notre politique étrangère n’est que la continuité de notre politique intérieure et de notre système de valeurs. En ce sens, notre politique étrangère repose sur quatre piliers principaux à savoir : la paix et la sécurité en Afrique, le développement du continent, l’équité mondiale et les droits humains.

 

Mesdames et messieurs,

La situation sécuritaire qui prévaut en Afrique est inquiétante au plus haut point. Nous faisons évidemment allusion à ces vagues d’attentats terroristes et aux crises politiques sans fin qui secouent notre continent. En tant que pays africain, il est inéluctable que cette situation nous affecte et nous peine profondément. L’Afrique du sud se montre plus que jamais prête à œuvrer de concert avec les forces de l’ONU et de l’UA pour faire barrage à ces maux.

 

La paix et la sécurité dans la sous-région et en Afrique dans son ensemble  sont la priorité de notre politique étrangère. L’Afrique du Sud s’est imposée ces dernières années comme un acteur majeur des opérations de paix africaines. Comme le disait notre cher et illustre Nelson Mandela : « Si nous ne concentrons pas nos efforts sur ce continent, nous pourrions bien nous aussi devenir les victimes des forces qui l’ont détruit de part en part ». C’est pourquoi la résolution des conflits endémiques à l’Afrique est dans l’intérêt de notre pays. L’amélioration de la gestion des crises est un élément important de réhabilitation de l’image de l’Afrique en général comme destination d’investissements directs étrangers. Dans cet objectif de stabilisation de l’Afrique, l’Afrique du Sud entretient une image de négociateur et de force de maintien de la paix. Notre pays a l’expérience d’être sorti d’un conflit dévastateur pour devenir une démocratie stable et pacifique. Nous sommes toujours prêts à partager cette expérience et à œuvrer pour la paix sur le continent et dans le monde.

 

Au niveau régional, nous participons activement aux programmes et activités de la SADC  et œuvrons de concert avec les autres Etats membres pour renforcer la prévention des conflits et la capacité de résolution de la SADC à travers le Programme indicatif stratégique de l’Organe (SIPO) en vue de résoudre les questions de paix, de sécurité et de politique. Aujourd’hui, au total, deux mille trois cent quatre soldats de la Force de défense nationale sud-africaine sont actuellement déployés à l’extérieur. Nous sommes fiers du rôle qu’ils jouent dans les efforts de maintien de la paix du pays. Ils sont un acteur important dans notre politique étrangère.

Ils servent avec diligence en RDC, en République centrafricaine et au Darfour au Soudan.

 

 

Dans  notre stratégie de politique étrangère, la diplomatie préventive tient un rôle prépondérant. C’est dire que nous faisons clairement le choix des médiations plutôt que du recours à la force armée. L’Afrique du Sud participe à nombre de programmes de renforcement des capacités africaines. En effet,  notre pays est l’un des partenaires majeurs des États-Unis pour la mise en œuvre du programme de l’ACOTA. Nous participons également à la formation du personnel destiné à participer aux opérations de paix des Nations Unies. Nous continuerons à investir  énormément dans la formation de nos officiers à la South African National Defence Forces (SANDF)  afin de fournir une expertise régionale en matière d’opérations de paix.

Cependant, pour que les efforts de paix en Afrique soient efficaces, l’UA et les organes sous régionaux ont besoin du soutien de l’ONU et de la communauté internationale dans son ensemble. En effet, nous avons parlé à l’ONU de la nécessité de maintenir une relation de travail positive et coopérative entre l’ONU et l’UA sur le maintien de la paix et, d’une manière générale, sur les questions qui touchent l’Afrique.

 

A ce sujet, permettez-moi de vous exposer notre position sur certains conflits sur le continent et dans d’autres régions du monde.

 

En ce qui concerne le Soudan et le Soudan du Sud, l’Afrique du Sud poursuivra ses efforts de renforcement des capacités et des institutions dans le cadre du processus de reconstruction et de développement post-conflit de l’Union africaine.

Nous soutiendrons davantage les efforts de l’Union africaine pour résoudre les questions restantes de l’après-indépendance entre les deux pays.

 

Nous réaffirmons notre soutien continu au gouvernement congolais pour construire des institutions étatiques durables et réceptives qui peuvent fournir des services et inspirer la confiance au peuple congolais.

 

Nous continuons également à soutenir la lutte en cours pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Nous exhortons la communauté internationale à soutenir leur quête de liberté, de droits de l’homme et de dignité.

 

Mesdames et Messieurs,

 

La région du Moyen-Orient reste aujourd’hui un foyer de tension qui menace la paix et la stabilité mondiales. Nous croyons que la seule façon d’aboutir à une paix durable entre la Palestine et Israël est la solution à deux Etats, fondée sur les frontières de 1967, conformément aux accords internationaux et aux résolutions pertinentes des Nations Unies avec la mise sous tutelle de l’ONU des zones qui suscitent le plus de dualité.  Nous soutenons qu’il n’y aura de paix possible que lorsque la Palestine sera libérée de l’occupation.

Nous réaffirmons que l’Afrique du Sud appuie sans équivoque le droit inaliénable de la Palestine à devenir membre à part entière des Nations Unies.

Nous réitérons notre appel à la recherche d’une solution pacifique à la crise syrienne, et élevons notre voix contre le recours à la force contre des civils non armés.

Nous condamnons l’usage d’armes chimiques contre des populations impuissantes et invitons par ailleurs les pays occidentaux à la retenue. L’attaque conjointe de Washington, de Londres et de Paris ne peut qu’attiser le feu en Syrie. Seule une solution de sortie de crise négociée avec l’appui de la Russie pourrait mettre fin à ce conflit qui dure depuis 7 ans maintenant.

 

Mesdames et Messieurs,

La réélection de l’Afrique du Sud à un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU est l’un de nos principaux objectifs afin de participer davantage à la consolidation de la paix. Nous croyons que nous pouvons un rôle constructif, en poursuivant les intérêts de notre pays et du continent. Dans la poursuite de ce but, notre priorité actuelle est la réforme des institutions internationales, y compris le Conseil de sécurité des Nations Unies. L’Afrique et l’Amérique latine ne sont pas représentées en tant que membres permanents du Conseil. C’est une anomalie sérieuse dans le système des Nations Unies que nous nous donnons le devoir de relever.

Nous croyons que nous pouvons jouer un rôle essentiel en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, en défendant les intérêts du continent. Nous pensons également que le moment est venu pour l’Afrique d’être représentée à ce niveau dans cet organe mondial afin établir une plus grande équité.

 

Mesdames et Messieurs,

Invités d’honneur,

Notre politique étrangère implique également une diplomatie économique efficace. Nous travaillons pour attirer les investissements et le tourisme, éliminer les obstacles au commerce, soutenir le développement de marchés plus importants en Afrique et élargir les marchés pour les produits sud-africains. Ceci est lié à notre impératif national d’éradiquer l’inégalité, le chômage et la pauvreté qui restent jusqu’à ce jour à  un taux très élevé.

L’Afrique du Sud exerce une politique axée sur le développement en accordant la priorité à l’Afrique.

 

.

Pour tirer parti des gains économiques et stimuler le commerce intra-africain, nous avons identifié l’intégration régionale comme un outil puissant. Comme l’a dit le Sénégalais Cheik Anta Diop : « l’intégration est une question de survie pour l’Afrique ».

 

A ce titre nous saluons la création d’une zone de libre échange sur le continent africain en mars dernier à Kigali. C’est un grand pas vers le processus d’intégration Africaine.

Nous œuvrerons à accélérer l’intégration au niveau de la SADC et du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

Comme vous le savez, le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le plan socio-économique de l’Afrique, a dix-sept ans cette année.

Nous travaillons toujours à mobiliser l’appui africain et international au NEPAD, en particulier la mobilisation des ressources nationales pour soutenir ses structures et processus.

 

Mesdames et Messieurs,

Nous croyons fermement que les défis auxquels l’humanité est confrontée ne peuvent être résolus unilatéralement.

Nous sommes donc les partisans de la coopération Sud-Sud, des partenariats Nord-Sud et du renforcement du système multilatéral.

Nous participons à divers forums multilatéraux, notamment la SADC, l’UA, le Mouvement des pays non-alignés, le G77 plus la Chine, le Commonwealth, les BRICS, le forum Inde-Brésil-Afrique du Sud

(IBSA) et les Nations Unies.

 

Dans le contexte du G20, nous continuerons à faire progresser le Programme de développement de l’Afrique du Sud à travers le Groupe de travail sur le développement du G20.

 

En Europe, l’Union européenne est un partenaire stratégique important pour notre pays et  pour l’Afrique. Nous compterons toujours sur l’Europe dans le cadre du partenariat stratégique Afrique du Sud-UE et du partenariat stratégique UA-UE.  Nous encourageons les pays européens à reconsidérer cette question de la dette car elle représente un grand risque pour l’économie mondiale, en particulier pour les pays en développement.

 

Pour notre pays, Les États-Unis continuent d’être un partenaire au niveau commercial et pour le développement. Il est indéniable que ce grand pays  influence de façon considérable sur les événements mondiaux.

Nous continuerons donc notre politique de rapprochement  avec les États-Unis à différents niveaux.

 

En outre, l’Afrique du Sud renforcera ses partenariats avec le Brésil.

 

Mesdames et Messieurs,

L’Afrique du Sud, eu égard de son passé, se doit d’être un défenseur et un promoteur des droits de l’homme. Notre longue lutte contre l’oppression raciste, qu’était l’apartheid est un grand argument en notre faveur. C’est pourquoi les évènements du 19 avril ne nous honorent point. Nous condamnons cet élan de xénophobie qui a conduit à l’attaque d’étrangers sur notre territoire. Notre pays doit s’élever à un esprit beaucoup plus noble.

 

 

 

Mesdames et messieurs, honorables invités,

Nous souhaitons une Afrique meilleure et un monde meilleur.

Nous voulons construire l’Afrique comme rêvée par les grands écrivains et poète de ce continent : une Afrique libre, indépendante et prospère où les différends politiques se règlent par solution négociée.

Mesdames et messieurs, telle est la politique que nous comptons mettre en place tant au niveau national qu’international.

 

Je vous remercie

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