QUESTIONS IMPORTANTES N° 13 : LA LOI DE L’ATTRACTION

Avec la loi de l’attraction, vous obtenez tout ce que vous voulez. Vous êtes vos pensées, bonnes ou mauvaises. Il est donc important d’avoir le contrôle de ses pensées. L’Homme est la somme de ses pensées.

CycleAttraction

Laissez-vous vous envahir par des pensées positives. Surveillez en permanence les pensées de crainte, de défaite, d’angoisse et d’inquiétude qui croisent votre chemin et chassez-les. N’ayez jamais pour compagnon ou pour compagne une personne qui passe son temps à se plaindre et à en vouloir aux autres. Elle pollue l’air et détruit l’énergie de la vie. Tournez-vous vers le bonheur qui tape à la porte et qui ne recherche qu’à être adopté. J’ai décidé d’être heureux et je veille sur mon environnement.

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LIBRES PENSEES N° 16 : LE ROYAUME UNI ET LE MONDE, décryptage de Armel ZERBO, Master I DRI/ULB

Sa Majesté la Reine Elisabeth II et les membres de la Noblesse Britannique,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Chers compatriotes britanniques,

Avant tout propos, je tiens à vous exprimer ma joie d’être à la tête du gouvernement de notre pays. Je suis fier d’appartenir à cette catégorie d’hommes et de femmes qui dévouent toute leur vie à la bonne marche de notre pays.

Je suis aussi fier de savoir qu’ici comme ailleurs, le citoyen britannique cherche à donner l’exemple, à aller de l’avant et à triompher de l’adversité.

Nous avons hérité de nos pères, ce pays qui autrefois était le centre du monde, un pays qui jadis dirigeait le monde entier, un pays qui naguère assurait la sécurité et la quiétude de la planète toute entière.

Drapeau du Royaume Uni_0

Mais hélas, ce temps est révolu. Nous nous sommes fait ravir la vedette par les Etats-Unis ainsi que par d’autres pays d’Europe et d’Asie. Nous n’occupons plus que la sixième place mondialement.

Il est alors temps pour nous de nous réveiller et d’arpenter gaillardement les flancs abrupts de l’hégémonie.

Nous devons renaitre, nous devons nous réinventer.

C’est pourquoi, il est temps de faire renaitre la « Pax Britannica » de ses cendres. Il est temps de redonner au Royaume-Uni son lustre d’antan. Il est temps pour nous de scintiller dans le monde.

Aussi, luttons-nous, Anglais, pour une renaissance de la «Nouvelle Pax Britannica » qui est le renouveau éclatant du peuple britannique. Pour nous Anglais, la « Nouvelle Pax Britannica » consiste à renforcer le pouvoir, la prospérité et le bien-être des britanniques.

C’est ainsi, que nous ambitionnons dans les cinquante années à venir, redevenir la première puissance mondiale.

Et pour y arriver toute notre action se fondera sur un piédestal constitué de trois éléments constituant par voie de conséquence, nos domaines prioritaires à savoir la sécurité, la prospérité et l’influence.

Dans la perspective d’atteindre les buts que nous nous sommes fixés dans les cinquante prochaines années, notre action se mènera suivant une méthode, laquelle méthode passe par le dialogue et la fermeté dans nos engagements.

En effet, tout comme vous le savez, le dialogue est l’apanage même de la diplomatie. Et il s’agit de parler, de négocier, d’innover et de convaincre. C’est aussi être en quête permanente de solutions politiques non complaisantes et ce dans le respect mutuel et dans l’optique de faire advenir la paix, la stabilité et la quiétude. Et c’est encore à travers le dialogue que, les conflits dans lesquels nous nous inscrivons, trouvent leur résolution.

Par ailleurs, notre dialogue se veut être un dialogue engagé, lequel dialogue nous engage dans le court et le long terme. Et c’est en cela que nous susciterons de la confiance auprès de nos partenaires et obtiendront des résultats probants. Et notre gouvernement a, à plusieurs reprises mené ce dialogue engagé avec nombre d’Etats étrangers à travers une clarification des objectifs assignés, une réduction des malentendus afin d’obtenir des résultats à même de nous permettre de tracer les sillons qu’arpentent nos intérêts et valeurs.

Et c’est ce à quoi nous nous attèlerons cette année de concert avec le gouvernement, l’extraordinaire réseau diplomatique et consulaire à travers le monde dont le Royaume-Uni est doté et évidemment avec l’ensemble de nos partenaires étrangers qui contribuent énormément à ces efforts.

En cette année, plusieurs défis se présentent à nous. Et notre défi, numéro un, est la question sécuritaire. Nous réaffirmons notre engagement à lutter contre la prolifération de toutes les formes d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs ainsi que les transferts illicites d’armes classiques. Nous  intensifierons nos efforts  notamment sur l’Iran, la République populaire démocratique de Corée, l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien et daech ainsi que nos efforts pour faire respecter les traités et les régimes à l’origine du système international fondé sur des règles de lutte contre la prolifération de substances nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques.

Nous rappelons notre attachement au désarmement nucléaire multilatéral d’une façon qui favorise la stabilité internationale et conformément au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ; et nous sommes fermement convaincus que le meilleur moyen de parvenir à un monde sans armes nucléaires, passe par un désarmement multilatéral progressif, négocié grâce à une approche étape par étape prenant en compte la situation sécuritaire mondiale dans son ensemble à partir de cadres internationaux existants.

Dans ce but, nous sommes résolus à soutenir l’entrée en vigueur du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), à engager des négociations sur le traité d’interdiction de la production de matières fissiles reposant sur le document 1299 de la Conférence du désarmement nucléaire. Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires demeure le fondement du régime international de non-prolifération. Près de cinquante ans après sa signature, il joue un rôle sans équivalent pour enrayer la course aux armements nucléaires.

Le Royaume Uni fait une analyse de la politique étrangère et de défense russe, devenue plus ferme, et qui s’accompagne de plusieurs formes inquiétantes d’intimidation stratégique notamment le recours à la désinformation, les actions malveillantes en ligne et la subversion politique. Notre pays œuvrera pour lutter contre les problèmes que cette politique pourrait soulever en termes de sécurité tout en recherchant un dialogue constructif avec Moscou par les canaux appropriés. Une réponse résolue accompagnée d’un dialogue notamment sur les questions d’intérêts commun, pour lesquelles Moscou demeure un acteur essentiel, doit être apportée à cette fermeté de la Russie. Par cette même occasion, nous condamnons l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine. Nous appelons instamment la Russie ainsi que l’Ukraine, à la mise en œuvre intégrale des Accords de Minsk, en commençant par un cessez-le-feu total et généralisé. Les sanctions économiques ne pourront être levées tant que la Russie ne respectera pas les obligations découlant des accords de Minsk.

Nous réaffirmons notre volonté de lutter contre le commerce illicite d’armes classiques et notre soutien au traité sur le commerce des armes. Nous nous emploierons à faire progresser nos objectifs au titre du Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères et de petit calibre au cours de la présidence française de la conférence d’examen de cette année.

Conscient que l’Afrique vit une période d’importantes évolutions, nous réaffirmons notre attachement à la paix, à la stabilité et à la prospérité sur ce continent. C’est pourquoi, nous décidons de renforcer sa stabilité, en coopérant avec ses partenaires africains et dans les enceintes internationales comme le conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations Unies, le G7 et le G20 sur les sujets d’intérêt commun et mutuellement bénéfiques notamment la paix et la sécurité, le changement climatique, l’environnement et la résilience, la croissance économique, les échanges commerciaux, l’aide humanitaire et les enjeux transnationaux comme la lutte contre le terrorisme, les migrations irrégulières, « l’esclavage moderne » et la traite d’êtres humains. Nous sommes fermement déterminés à soutenir l’Afrique pour qu’elle exploite son immense potentiel économique en encourageant le commerce et les investissements, l’emploi et les opportunités en particulier pour la jeunesse africaine.

Afin d’atteindre ses objectifs, pour une Afrique plus prospère, nous devons rapidement garantir la stabilité et remédier aux besoins immédiats. Le Royaume Uni s’engage à coopérer pour assurer la paix, la stabilité, la résilience et la sécurité dans le Sahel et le sud de la Libye, le nord-est du Nigéria et le bassin du lac Tchad. Il continuera de soutenir les actions de la communauté internationale dans la corne de l’Afrique et en Somalie notamment par un soutien à la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) qui assure sous certaines conditions un transfert de responsabilités aux forces de sécurité somaliennes selon un calendrier préétabli pour favoriser à l’avenir la paix et la stabilité dans le pays.

Afin de permettre la mise en œuvre de ces projets, nous œuvrerons pour garantir le financement de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique de l’UE, dans le cadre du processus de transfert. La Grande-Bretagne envisage lutter contre la pauvreté et faire face aux défis environnementaux et de développement. Notre cher pays ainsi que la France décident de renforcer leur coopération en matière de sécurité dans le Sahel en appui notamment de la Force conjointe du G5 Sahel. Nous collaborerons étroitement pour lutter contre les causes à plus long terme de l’instabilité, de la misère et des retards de développement dans le Sahel. En appui de ce partenariat, le Royaume Uni apportera une aide de 50 millions de livre sterling pour encourager les initiatives humanitaires et de planification familiale dans la  région. Cette aide viendra s’ajouter à l’engagement actuel du Royaume-Uni d’apporter une aide humanitaire de 189,5 millions de livres sterling à la région pour la période 2015-2018 afin d’aider 2,3 millions de personnes victimes de l’insécurité alimentaire et 1,9 millions de personnes touchées par un conflit.

Travailler ensuite pour lutter contre le commerce illégal d’espèce sauvages notamment en plaidant pour la fermeture des marchés nationaux de l’ivoire en vue de la conférence sur ce sujet que le Royaume-Uni accueillera en octobre 2018.

Promouvoir le gouvernement ouvert et combattre la corruption au niveau mondial notamment en soutenant l’initiative « open contracting ». Notre bien-aimé pays  renforcera son soutien au partenariat pour un gouvernement ouvert, co-présidé par la France en 2016-2017. Nous étudierons une stratégie commune visant à promouvoir  la transparence fiscale internationale pour améliorer la mobilisation des ressources nationales dans les pays en développement en nous appuyant sur l’appel à la mobilisation des ministres africains des Finances dans la déclaration de Yaoundé de novembre 2017.

Par ailleurs, nous coopérerons afin d’honorer nos responsabilités et nos intérêts  à l’égard des territoires britanniques d’outre-mer, face aux ouragans et tempêtes tropicales de plus en plus fréquents et violents et aux ravages à grande échelle qu’ils causent dans les Caraïbes. Nous nous appuierons sur notre coopération en réaction à l’ouragan Irma pour améliorer la fourniture  de secours en cas de catastrophe et bâtir la résilience dans les Caraïbes avec des projets comme les systèmes d’alerte précoce face aux risques climatiques (CREWS)

Nous renforcerons le rôle pilote joué par le pays en matière d’aide humanitaire et de développement pour améliorer notre capacité de réaction aux crises ; nous contribuerons à atteindre les objectifs de développement durable et nous promouvrons la paix, la sécurité et la prospérité internationales. Nous poursuivrons les engagements pris mobilisant dans le cadre du Pacte relatif au financement de l’action humanitaire (Grand Bargain), en mobilisant des financements humanitaires et en impulsant une grande efficacité au système humanitaire international. Nous nous engageons à renforcer notre coopération dans des endroits spécifiques, comme la République démocratique du Congo, en associant résilience et climat.

Nous travaillerons afin de prendre la tête des efforts internationaux visant à lutter contre le changement climatique en nous appuyant sur les engagements pris lors du Sommet One Planet. En particulier, nous travaillerons pour mettre la dernière main à des règles ambitieuse et efficaces pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris au plus tard d’ici à la COP24 et pour continuer à explorer les opportunités pour accroitre le financement en vue de l’objectif partagé par les pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 en matière de financement pour le climat ainsi que d’améliorer les pratiques professionnelles en soutien à une première reconstitution des ressources reçue.

Nous poursuivrons notre dialogue constructif sur le développement d’un Pacte mondial pour l’environnement. Nous envisagerons de travailler sur les moyens d’améliorer la cohérence de l’action mondiale pour protéger l’environnement.

De plus, nous organiserons une « Année mondiale de l’apprentissage (03 décembre 2018) », à la lumière de la crise mondiale de l’apprentissage, afin d’apporter à celle-ci une réponse plus ambitieuse en nous attachant particulièrement à améliorer les compétences des enseignants, à atteindre les populations les plus marginalisées, y compris les enfants handicapés et à mettre fin à la violence dans les écoles. En plus, nous exercerons notre influence culturelle à travers nos médias qui sont des plus réputés mondialement. Je remercie et encourage par cette occasion BBC radio 2, ITV1, the Guardian, et the Independent.

En ce qui concerne le libre-échange avec les marchés européens, il sera question pour notre cher pays de renforcer ses liens commerciaux avec ses plus proches amis et voisins en Europe. Et sa priorité sera d’initier un ambitieux traité de libre-échange avec l’Union Européenne.

En effet cet accord devra permettre une libre circulation des biens et des services entre la Grande-Bretagne et les pays membres de l’Union Européenne. Cela permettra à nos entreprises de commercer et d’intervenir au sein des marchés Européens d’une part, et d’autre part la possibilité aux entreprises européennes de bénéficier des mêmes largesses.

Toutefois, je ne signifie pas par là qu’il est question pour nous d’être membre du marché commun.

En effet, en étant membre du marché commun, il sera question pour nous de favoriser la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux. Consentir à ne pas être membre de l’Union, mais d’en être du marché commun impliquerait une observance des règles de l’Union ainsi qu’un respect des règlementations encadrant ces libertés, sans toutefois avoir un droit de vote sur ces règles et règlementations. Et de ce fait la Cour de Justice Européenne serait à même d’exercer son autorité sur notre territoire au détriment de la nôtre.

Notre accord avec le marché commun portera sur l’exportation des voitures et des camions par exemple ainsi que l’octroi de services financiers à travers nos  frontières nationales.

Et vu que nous ne serons plus membres de l’Union, nous ne serons plus contraints à verser régulièrement nos contributions. Et donc, le principe est  clair, l’époque où le Royaume Uni dois verser annuel ses cotisations à l’Union Européenne, est révolue.

En quittant l’Union Européenne, le Royaume Uni exprime le désir de se rapprocher davantage de pays qui ne sont pas membres de l’Union. Pour un Royaume Uni plus mondialiste, nous envisageons nous rapprocher commercialement de la Chine, du Brésil et des pays du Golf qui ont eux aussi manifesté l’intérêt de commercer avec nous. Quant à l’Australie, à la Nouvelle Zélande et à l’Inde, les discussions sur de futurs partenariats commerciaux sont en cours de négociation. Et le Président Trump l’a lui-même dit, la Grande-Bretagne : « ne tire pas la queue » en matière de partenariat commercial avec les Etats-Unis d’Amérique, le plus puissant pays du monde « mais est en tête de liste ».

Le Royaume Uni est un pays ouvert et tolérant. Nous voudrons toujours de l’immigration, plus particulièrement celle des personnes hautement qualifiées, nous voudrons toujours de l’immigration à partir de l’Europe et nous accueillerons toujours les migrants comme des amis. Toutefois, le message du public avant et pendant la campagne de referendum a été claire : le Brexit est synonyme de contrôle du nombre des personnes en provenance de l’Europe vers la Grande-Bretagne. Et c’est le message que nous voulons délivrer.

Mesdames et messieurs, nous devons bâtir tous ensemble un Royaume Uni plus fort, plus juste et plus mondialiste. Et puisse ceci être l’héritage de notre temps. L’ultime raison de notre combat ! La destination à laquelle nous arriverons, une fois notre voyage terminé.

Ne le faisons point pour nous-mêmes, mais pour les générations futures. Faisons le pour les fils mais aussi pour les petits-fils de notre pays.

Faisons-le pour que lorsque les futures générations feront une rétrospective sur notre époque, elles nous jugent non seulement à travers les décisions que nous avons prises, mais encore plus à travers ce que nous avons fait de cette décision.

Elles sauront que nous leur avons bâti les fondations pour un futur radieux. Elles sauront que nous leur avons construit une meilleure Grande-Bretagne.

Je vous remercie.

FORMATION INTENSIVE EN SYNTHESE DE DOSSIER POUR LE CONCOURS DES CONSEILLERS DES AFFAIRES ETRANGERES : UN RDV CONFIRME

Les premières inscriptions des huits candidates et candidats pour la formation intensive en synthèse de dossier pour le concours des conseillers des affaires étrangères ont été enregistrées par la Direction Générale de l’IACDI.

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Si le défi vous tente, alors inscrivez-vous pour faire partie des huits potentiels gagnants du pari commun.

Zoomb-noogo SILMANDE, Analyste/IACDI

CHRONIQUE DIPLOMATIQUE ET INTERNATIONALE N° 17 : S’ADAPTER, UNE COMPETENCE INTERNATIONALE

Vivre en synergie avec les autres, c’est avant tout savoir chérir les différences, c’est savoir cultiver l’empathie et c’est savoir s’adapter à toutes les situations.

Business travel

Un diplomate est appelé à rencontrer toutes les curiosités du monde, tous les paradoxes de la planète, toutes les contradictions de la vie. Bonne ou mauvaise, il faut simplement accepter et s’adapter. Cela exige une dose de flexibilité dans le comportement et une certaine fermeté dans les valeurs. S’adapter ne veut pas dire s’oublier, s’effacer et se fondre. C’est reconnaître l’humanité de l’autre tout en conservant son originalité.
L’adaptation concerne le climat, l’économie, la culture et la civilisation dans son ensemble. Il s’agit avant tout d’une attitude de respect d’autrui dans sa vision et dans son évolution. L’adaptation doit avant tout être un élan réciproque. Il est plus facile de s’adapter dans un environnement qui se laisse adopter.
Diplomate, fonctionnaire international, coopérant, travailleur d’une organisation non gouvernementale ou d’une multinationale, il est important d’avoir un esprit ouvert, un esprit perméable et un esprit sensible.

Dr Poussi SAWADOGO 
Diplomate

SIMULATION A L’UNIVERSITE LIBRE DU BURKINA : LE CHEF DE LA MISSION DE L’AMBASSADE D’ALLEMAGNE, INVITE SPECIAL, FELICITE LES FUTURS DIPLOMATES

Tradition vieille d’une quinzaine d’années, l’exercice de simulation de négociation a tenu toutes ses promesses ce samedi 23 juin 2018 à l’Université Libre du Burkina (ULB). La simulation de négociation est une obligation académique qui vise à évaluer les acquis des étudiants de la troisième année de licence en Diplomatie et Relations Internationales pour les enseignements de protocole diplomatique et de négociation internationale, dispensés par Docteur Poussi Sawadogo. La présente édition a été une simulation d’un « Sommet Union Africaine – Union Européenne sous la médiation de l’Organisation Internationale des Migrations » autour du thème : « La gestion des flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe. » La cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence de Docteur Claus Bernard Auer, Chef de mission de l’Ambassade de la République Fédérale d’Allemagne au Burkina Faso. La cérémonie a également enregistré la présence du Recteur de l’ULB, Professeur Bapio Rosaire BAMA, et du Directeur Général de l’ULB, Ismaël SANA.   

La diplomatie, un métier exaltant mais exigeant

Avant l’entame de la cérémonie d’ouverture proprement dite, les organisateurs ont eu l’honneur d’écouter le mot d’encouragement de l’invité spécial, Docteur Claus Bernard Auer.

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Diplomate depuis une quarantaine d’années, l’actuel Chef de mission de l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Burkina Faso était d’abord en poste en Côte d’Ivoire avant sa nomination pour Ouagadougou. Il a également servi comme diplomate allemand au Bénin, au Tchad, au Japon, en Corée du Sud, en Chine et dans d’autres pays européens. Docteur en agronomie, Claus Bernard Auer a commencé sa carrière à la GTZ, institution principale de la coopération internationale au développement de l’Allemagne. Il intègre par la suite la diplomatie allemande. Il a souligné le fait qu’au-delà des juristes et des économistes, acteurs traditionnels de la diplomatie, l’Allemagne a fait le choix de faire participer toutes les couches sociales et professionnelles à l’animation de sa politique étrangère.

L’invité spécial a rappelé les exigences du métier du diplomate dont la vie est caractérisée par le mouvement au gré des mutations professionnelles. Il s’agit d’une vie de stress et de charges pour soi et pour sa famille. Le diplomate doit savoir concilier sa vie professionnelle et celle sociale. Le métier exige également le respect de valeurs comme l’ouverture, la compréhension mutuelle, la tolérance et le dialogue. Il offre l’avantage de permanents contacts, de découvertes nouvelles et d’échanges mémorables. Fonction passionnante et exaltante, la diplomatie est aussi exigeante. Sur la négociation, Docteur Claus Bernard Auer a précisé qu’elle nécessite de la clarté, de la précision et de la patience.

Le diplomate allemand a apprécié l’importance et la pertinence du thème de la simulation. Il a invité les étudiants à tenir compte de la divergence d’intérêts des différents acteurs de la négociation, notamment les pays d’origine, les pays de transit et les pays de destination. Il a aussi souligné les dimensions du phénomène migratoire, à savoir celle régulière et celle irrégulière. Comme tout processus de négociation, il a évoqué l’aspect psychologique qui consiste à être à l’écoute des besoins, des attentes, des intérêts, des craintes et des aspirations de l’autre partie. Il a conseillé les futurs diplomates de cultiver le compromis et  d’éviter les positions maximalistes. Les étudiants ont fortement apprécié ces conseils qui complètent utilement les formations reçues tout au long de l’année académique.

La négociation, une longue préparation

La simulation de ce samedi 23 juin est l’aboutissement d’une préparation débutée en février 2018 par les enseignements théoriques du protocole et de la négociation. La préparation s’est poursuivie par la recherche d’informations sur les flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe. Chaque délégation a conçu un mémorandum d’au moins une douzaine de pages constituant son document de travail. Ce travail a permis aux équipes de rédiger leurs discours introductifs et de préparer un avant-projet d’accord. Il s’est agi d’un processus technique qui a facilité l’entente sur la question traitée.

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Parallèlement à ce travail sur le fond du dossier, les futurs diplomates ont développé des initiatives pour la réussite matérielle du sommet. En effet, ils ont fait recours à leurs collègues étudiants en journalisme pour assurer la couverture médiatique et l’accueil des officiels. Ils ont également sollicité les services d’un décorateur pour donner un aspect solennel aux espaces de négociation. Ils ont également bénéficié des services d’un restaurateur pour agrémenter les discussions.

Ce travail préalable de préparation a permis de réussir le sommet sur les plans de la forme et du fond.

Un consensus autour du problème

Les différents propos introductifs ont reconnu l’importance du problème migratoire et ont invité le couple Union Africaine – Union Européenne à assumer son entière responsabilité pour trouver la meilleure solution. Selon Madame Owango Diakité Fanta, Chef de la délégation de l’OIM, les questions migratoires « sont à la base de la formulation et de l’application de politiques migratoires qui visent à encourager ou à restreindre les flux d’immigration à travers différents moyens ou instruments portant sur l’entrée, mais également sur l’intégration au marché du travail. » Pour sa part, Madame Awa Traoré, Chef de la délégation de l’Union Africaine soutient : « Nos jeunes, et à juste titre, ne supportent plus le paradoxe que constitue la juxtaposition des ressources du continent et leur dénuement. C’est cet état de fait qui les jette par milliers sur les routes de la mort. La question de l’émigration surtout vers l’Europe se pose en terme dramatique. Les embarcations de la mort en haute mer vont de pair avec la sombre tragédie des naufrages, les exploitations dans les dunes et les terrains rocailleux du Sahara. » La partie européenne, par la voix de Madame Victoria Nerambaye, Chef de la délégation de l’Union Européenne, appelle à un engagement collectif : « L’Union Européenne veut encourager la mise en place de canaux licites d’émigration et de mobilité au départ des pays africains. Il est très proche d’un accord avec le Conseil sur les conditions d’entrée et de séjour de ressortissants non européens : étudiants, chercheurs, stagiaires, bénévoles, jeunes élèves et jeunes gens au pair. C’est une bonne nouvelle, mais l’UE veut aller plus loin. Elle veut que ses initiatives évoluent d’une perspective strictement sectorielle vers l’élaboration d’une véritable législation sur l’immigration. Elle veut ouvrir d’autres voies d’accès à l’Europe qui évitent aux migrants d’entreprendre un dangereux exode à bord d’embarcations délabrées et de confier leur vie au cynisme de trafiquants. Une politique d’asile et de migration responsable ne peut se concevoir sans le retour et la réintégration des migrants clandestins dans leur pays d’origine. Le Parlement européen attend des avancées concrètes dans ce domaine, notamment la conclusion de nouveaux accords avec les pays concernés. »

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Un diagnostic sans complaisance pour des solutions durables

Les discussions ont mis en évidence les enjeux du sommet à savoir la sécurité, la prospérité et la protection des droits humains. Les participants ont relevé les causes historiques, politiques, économiques et culturelles du phénomène migratoire dont la pauvreté et la mauvaise gouvernance ont été mises en évidence. Ils ont également répertorié les conséquences en pointant du doigt l’insécurité, le terrorisme, les trafics illicites et le chômage.

Les solutions proposées par les participants au sommet portent sur la création d’un fonds d’aide pour l’amélioration des conditions de vie des populations des zones de départ à travers la coopération régionale et internationale. Ils ont aussi invité les pays européens à assouplir les conditions d’entrée dans l’espace Schengen afin de réduire les migrations irrégulières. L’UE promet 1,3 milliard d’euros pour soutenir le développement socio-économique des pays d’origine et de transit en Afrique. Ce fonds sera dédié aux ONG pour la mise en œuvre de projets structurants de développement assortis de mécanismes de suivi-évaluation. A ces solutions s’ajoutent la lutte contre les réseaux de passeurs, la lutte contre la fuite des cerveaux, la lutte contre l’instabilité et les actions pour la sortie de crises en Afrique et l’adoption de programmes d’adaptation au changement climatique.

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Les participants ont reconnu que la promotion de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance en Afrique constitue la principale solution pour résoudre durablement le phénomène des migrations irrégulières. Le couple Union Africaine – Union Européenne a pris la résolution d’œuvrer en synergie pour relever le défi. Dans ce sens, Madame Owango Diakité Fanta, Chef de la délégation de l’OIM, a conclu : « L’organisation de ce sommet constitue en effet l’acte inaugural d’une coopération étroite, dynamique et fructueuse entre l’UE et l’UA pour la gestion des flux migratoires. »

Zoomb-noogo SILMANDE, Analyste/IACDI

CHRONIQUE DIPLOMATIQUE ET INTERNATIONALE N° 16 : COACHER LES CONCEPTEURS DE LA POLITIQUE ETRANGERE

Sans politique étrangère, toute action diplomatique est vaine. La politique étrangère est une stratégie d’action qui permet à chaque Etat d’interagir avec son environnement extérieur. Elle suppose une finalité et une vision. En s’inspirant et en adhérant à la finalité de l’Organisation des Nations Unies, chaque Etat devrait avoir comme finalité la paix et la prospérité. En rappel, la finalité de l’ONU se résume à la paix et à la sécurité internationales.

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La vision est une projection dans le futur. Il s’agit d’un résultat anticipé formulé en termes d’objectif réaliste et réalisable qui demeure ambitieux. Toute vision se réfère aux intérêts cardinaux de l’Etat : la sécurité, la prospérité et la visibilité. Aucune politique étrangère ne peut occulter ses trois intérêts complémentaires et inclusifs.

Les concepteurs de la politique étrangère doivent avoir une vision claire de ce que sera l’Etat en matière de sécurité dans un horizon temporel de 10 à 25 ans en observant et en interprétant l’évolution de l’environnement immédiat et lointain. En analysant le niveau de développement du pays, ils doivent situer son niveau de prospérité dans 10 à 25 ans. Ils sont également interpellés pour son positionnement régional et international en termes de rayonnement dans 10 à 25 ans.

Ce processus d’élaboration de la politique étrangère a besoin de l’accompagnement d’acteurs indépendants capables d’analyser les grands enjeux diplomatiques et internationaux. L’IACDI se positionne comme cet outil d’accompagnement des diplomaties africaines afin de répondre aux exigences d’un monde en constante mutation et dont les formations classiques en diplomatie et relations internationales sont incapables d’en saisir la profondeur et l’essence.

Dr Poussi SAWADOGO 
Conseiller en formation/IACDI
Coach-animateur du changement